18 décembre 2015

La dernière chronique d'Ernest

 Les reins, c'est un organe nul. Déjà ceux de mon Papa qui ont voulu faire le cancer, je les déteste. Les miens ont tendance à vouloir faire du sable, voire des petits graviers, ça s'appelle des coliques néphrétiques et c'est nul. Ceux d'Ernest aussi ils sont nuls. D'ailleurs c'est à cause d'eux que cet article existe. 

Je m'appelle Ernest. Un beau jour de poisson d'avril, en 2005, j'ai vu le jour dans une petite famille bordelaise. Déjà j'étais prédisposée à aimer le poisson, car le premier avril c'était quand même le seul jour spécial poisson de l'année, et moi, autant vous dire que je suis pas la dernière à loucher sur le thon ou le saumon fumé. 

Donc ma petite famille avait décidé qu'après les trois mois de mes frères et soeurs et moi, il faudrait que nous trouvions des foyers pour grandir et s'épanouir. Diffusion de photos et tout ça. Dans une entreprise, une amie fait passer des photos, et là, le Maître flashe. Ce petit chat gris, l'air espiègle, avec ses grands yeux verts, il est pour lui. Faut dire que pour la photo je m'étais un peu forcée à prendre un air mignon. Un jour d'été 2005, j'ai donc rejoint le Maître. Il avait acheté plein de petits trucs pour m'accueillir mais moi, je n'avait qu'une idée, lui grimper sur le torse pendant qu'il faisait la sieste pour me blottir dans son cou. Je voulais lui dire qu'il était moelleux et que je l'aimais déjà beaucoup. 

Il m'a donc appelée Ernest, en référence au peintre Ernest Pignon Ernest. Parce que oui, le Maître est cultivé, et moi, j'ai adopté mon prénom. Un jour, le Maître m'a dit qu'il avait toujours rêvé d'avoir un chat à lui et qu'il est super content que ça soit moi le premier. Je crois qu'il m'aime vraiment fort. 

Ensuite le Maître a emménagé avec la première Maîtresse, ils m'ont chouchoutés. Il parait même que j'adorais me balader en laisse dans le jardin de la résidence, chaque fois que je voyais la laisse je devenais folle de joie. Mais en vrai, mon truc préféré, c'est la sieste dans le cou du Maître, chaque vendredi après midi... Dès que je le vois poser ses fesses sur le canapé, j'accoure et je me blottis. 

Ces années là, faut aussi que je vous parle de Papi-maître et de Mamie-maîtresse. Ils n'ont pas de petits enfants, le Maître est leur seul chouchou. Alors ils ont moi. Ils m'adorent. Même si Mamie-maîtresse rouspète quand elle me retrouve en haut de sa tringle à rideaux quand j'ai décidé de faire de l'alpinisme ou si je croque les fleurs de ses bouquets. Ils m'envoient toujours des câlins par téléphone. Et ils me gardent aussi souvent quand le Maître part en vacances, car moi je n'aime pas tellement la voiture. 

D'ailleurs, c'est aussi grâce à Papi-maître et Mamie-maîtresse que j'ai découvert la liberté du dehors. Le jardin. C'est un truc génial en été. J'aime me prélasser sur les carreaux chauds de la terrasse et surtout j'aime bien quand Mamie-maîtresse et Papi-maître prennent l'apéritif, parce que y'a toujours un petit apéricube pour moi. Alors, les vacances du Maître, c'est aussi mes vacances à moi. Je grimpe aux arbres, je chasse des oiseaux, des souris et des mouches. 

Puis un jour, le Maître et la première Maîtresse se sont séparés, alors j'ai été vivre quelques temps chez Papi-maître et Mamie-maîtresse. Ils habitent haut dans une tour, j'adore la vue, mais j'ai peur du bruit sur leur balcon.

Dans le genre organisée, je suis pas mal. J'aime les petites routines comme aller au lit sur le coup de 22h20 et attendre qu'on me rejoigne. J'aime pas quand les deux-pattes se couchent trop tard, j'aime dormir tôt et avec eux. Je me blottis dans leurs genoux ou au creux de leur dos pour avoir bien chaud et être bien douillette sur la couette. 

Je suis aussi une grande gourmande et... ça se voit. Je suis un gros chat, et le Maître dit de moi que je suis la plus belle, avec le regard de Scarlett Johansson et les fesses de Kim Kardashian. Par contre, il n'aime pas qu'on dise de moi que je suis grosse. Il a sa fierté, vous comprenez.

Quelques mois plus tard, le Maître a décidé de trouver une nouvelle maîtresse pour moi. D'ailleurs il précise direct qu'on est une équipe, la future maîtresse doit nous accepter tous les deux, parce qu'on est un tandem de choc. Il m'en a présenté plusieurs, certaines que j'ai vraiment détesté et qui me le rendaient aussi, d'autres plutôt cool. Et un jour, il a ramené une maîtresse à bouclettes. Je l'aimais bien mais j'ai mis quelques mois à l'apprécier et à vraiment l'adopter. Elle était toujours gentille avec moi, elle m'ouvrait la porte du balcon pour que j'aille voir dehors, me faisait des caresses, me donnait à manger. J'ai réalisé que c'était une gentille personne qui aimait les animaux. En plus, elle aimait bien tricoter et moi... le tricot j'aime ça aussi. Le petit bruit des aiguilles, les fils qui défilent, les lainages chauds et moelleux, ça me parle. Alors petit à petit je suis venue me coller à elle et parfois même m'installer sur son épaule pendant qu'elle faisait la sieste. Et puis le Maître avait l'air heureux avec elle alors j'ai décidé de l'adopter comme Maîtresse.

Mais alors ensuite, le Maître et la Maîtresse ont fait un truc génial. On a changé d'endroit, j'avais 9 ans.  Et j'ai découvert que la liberté, c'était pas seulement pour les vacances. On a eu une maison. J'ai mis quelques jours à comprendre le principe de l'escalier, je comprenais pas au début comment passer d'en-haut à en-bas. Puis ensuite j'ai compris que là-haut, c'était un terrain de jeu en plus et que chaque nuit il fallait y aller pour dormir avec le maître et la maîtresse, en s'installant vers 22h30 sur leur oreiller. La journée, il y avait le soleil aussi là-haut alors j'aimais bien y dormir quelques heures. 

Mais le top, c'était le jardin. Déjà il y avait des grandes baies vitrées pour regarder les oiseaux qui se posent et mangent les graines du jardin de la Maîtresse. Il y avait même un tas de compost sur lequel j'aimais m'installer, la Maîtresse disait que j'étais la reine des mouches sur son trône. Petit à petit mon royaume s'élargissait. Un jour le Maître, lassé de me voir dangereusement passer par dessus le grillage piquant, m'a même fait une petite ouverture pour aller chez le voisin. C'est devenu le chemin vers les toilettes. C'était si bien de faire ses besoins là-bas. Je m'aventurais un peu, mais jamais trop loin, ni jamais trop longtemps. 

Parce qu'en plus au bout de quelques temps, la Maîtresse n'est plus partie travailler. Elle était à ma merci à la maison. Dès que je le souhaitais, elle me laisser entrer ou sortir. Je n'avais qu'à réclamer. Je crois que j'avais l'ascendant sur elle. Je faisais plein de trucs de chat, j'avais des journées bien remplies. Comme rencontrer d'autres chats, dans le quartier, ils se divisent en trois : mes amis, mes ennemis et les indifférents. J'avais mes coins préférés, mes habitudes...

Et puis l'hiver est venu et j'ai commencé à avoir mal. Je n'avais plus faim. Le Maître et la Maîtresse m'ont emmené chez le vétérinaire et ont beaucoup pleuré. J'ai eu un peu de répit et pendant ces moments, j'ai voulu leur montrer combien je les aimais et combien ils m'ont rendu heureux. Je crois qu'ils ont cru que j'allais guérir mais malheureusement ce n'était pas le cas. Je leur ai fait des câlins, je suis restée près d'eux, j'ai ronronné. Mais je n'avais plus d’appétit et j'avais bien mal, j'aurai pu me mettre dans un coin et attendre mais ce que je voulais, c'était être avec eux, parce que c'est l'endroit où je me sens le mieux. J'avais de plus en plus mal alors le Maître et la Maîtresse ont choisi de me faire prendre le chemin du ciel, parce qu'ils m'aiment et qu'ils ne veulent pas me voir souffrir. Je crois que c'est terriblement dur comme choix mais aussi que c'est une preuve d'amour. Moi non plus je n'aurai pas voulu qu'ils souffrent.

Y'a plein de gens qui ont pensé à moi. Papi-maître et mamie-maîtresse sont venus me voir. Les gens de l'internet ont envoyé plein de jolies et douces pensées. La Maîtresse m'a donné plein de caresses de plein de gens : Karine, Laeti, Amandine, Elsa, Megan, Emilie, Agathe, Marina, Laurie ... Ils sont si gentils les gens d'internet. 

Le Maître et la Maîtresse ont donc pris, le coeur très lourd, le chemin du vétérinaire et m'ont dit au revoir et après je n'ai plus eu mal. Je n'ai pas eu peur parce que le Maître et la Maîtresse étaient près de moi. Ils m'ont caressée, m'ont parlé. J'ai aussi eu une place dans le joli jardin où j'ai tellement aimé vivre. La Maîtresse y plantera des fleurs pour moi, au printemps.

La Maîtresse m'a bien dit que j'allais leur manquer, parce que la maîtresse m'a beaucoup parlé avec sa bouche quand j'allais mal. Le Maître, lui, il parle plutôt avec son cœur. Mais le message est le même, et moi j'ai envie de leur dire merci de m'avoir offert une si jolie vie. Je crois qu'on a beaucoup aimé être ensemble et que même si je ne serai plus avec eux, je sais que je serai toujours dans leur cœur, leurs souvenirs. Et eux aussi, ils sont pour toujours dans mon coeur. Je sais qu'à chaque sieste du vendredi le Maître pensera à moi.

Je suis allée retrouver d'autres animaux, Clop, le chien de ma Maîtresse quand elle était petite. Je ne la connais pas et il paraît qu'elle n'aimait pas trop les chats. Mais faut que je lui parle de la Maîtresse, que je lui dise que maintenant elle est grande, qu'elle a toujours des bouclettes et qu'elle aime aller dans la forêt trouver des champignons. J'ai aussi la mission de parler à Teepee, le cheval de la Maîtresse, pour lui dire que la Maîtresse a été vivre un an au Canada et qu'elle a adoré ça. Y'a aussi plein d'autres gens pour qui j'ai des messages. Je leur dirai à tous que le Maître et la Maîtresse ont été heureux avec moi et qu'ils vont continuer à l'être ensemble, que leur amour est très très fort, même si pour quelques temps ce sera difficile et que je sais que la douleur sera grande. Un jour on se retrouvera, quand le Maître aura une barbe blanche et la Maîtresse, des bouclettes grises et on fera la sieste tous les trois. Ce sera bien. 

Je vous passe une jolie ronronnette à vous aussi. Parce que vous lirez ça, parce que le Maître et la Maîtresse ont besoin de vous, parce que vous êtes super. Je vous souhaite aussi de jolies fêtes à tous, le saumon, les crevettes et moi on se connait et délectez-vous-en de ma part. N'hésitez pas aussi à me laisser un commentaire si vous avez des messages pour certains animaux là haut, je suis une vraie commère j'adore les potins et comme ma Maîtresse adore que le facteur sonne, j'ai bien envie à mon tour de distribuer des messages d'amour.


Cet article a été inspiré par le sublime article La dernière chronique de Pika, par Mon côté Greluche, parce que Kriss, en amoureuse des animaux, a su mettre les mots justes et que son article m'a apaisée à un moment où j'en avais vraiment besoin.

3 décembre 2015

DIY : Des boules en sequins pour le sapin !

Ah, l'ambiance de Noël. Ici, ça donne des idées créatives... Alors je vous partage un petit DIY tout facile pour décorer le sapin. A mon avis, cela peut aussi intéresser les enfants (à partir de 8 ans, il faut un peu de précision et beaucoup de patience pour faire une boule).

La technique est simple : on pique avec des épingles prévues à cet effet des sequins dans des boules de polystyrène. Ensuite, les variations sur les couleurs de sequins, ordonnés ou non, les tailles des boules... Il existe des dizaines de possibilités.

 Pour l'attache qui permettra d'accrocher la boule au sapin, j'ai choisi d'utiliser des trombones "dépliés", la forme des branches de mon sapin artificiel ne permet pas tellement l'utilisation de ficelles. On les voit bien sur la photo parce que je n'avais que des trombones de couleur violette mais sur une vue d'ensemble du sapin, le violet est très discret. J'ai donc déplié le trombone, planté le métal bien profond dans le polystyrène, formé un crochet à l'autre extrémité du métal et accroché sur le sapin. Et voilà une jolie activité pour occuper un après midi d'automne. Pour info, les boules de polystyrène que j'ai utilisé font 7 cm de diamètre et j'ai utilisé 30 g de sequins par boule environ, une boule m'a pris à peu près une heure à réaliser.

J'ai acheté les sequins, les épingles et les boules à Cultura. La petite boîte d'épingles qui fait environ 3 boules coûte environ 3€, la boule de polystyrène 0,65€, les sequins coûtent 2€ les 100 g (au rayon enfants pour les dorés, j'en voulais aussi des cuivrés mais il n'y en avait qu'au rayon adultes, conditionnés par 50 g pour 1,80€).